jeudi 4 août 2016

Fitheb Migratoire 2016 : Kandi vit deux jours de fête culturelle sans précédent



Vendredi 29 et samedi 30 juillet 2016, le Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb), dans sa phase migratoire, a élu quartier général à la Maison des jeunes de Kandi dans le septentrion avec dans sa valise, une panoplie de spectacles de danse, de théâtre et de conte aux griffes des groupes de la ville d’accueil mais aussi de Cotonou qui, dans leur ensemble, ont offert une épiphanie culturelle qualifiée de première par la population de Kandi.

              La danse des petits peulhs avec Déma
«Ici, nous n’avons pas cette chance. Sans vous mentir, on n’a jamais eu ce genre d’occasion. En tout cas, moi, je n’ai jamais assisté à de grands spectacles comme ça sur deux jours ici à Kandi. Les groupes existent mais dansent dans leur cour.» Témoignage de l’étudiant en Btp Dramane Seïdou samedi 30 juillet 2016 après le dernier spectacle du Fitheb Migratoire à la Maison des jeunes de Kandi. Lequel justifie le doute exprimé par l’agent en poste le soir du vendredi 29 juillet à la gendarmerie de la ville, face à l’équipe du Fitheb migratoire composée de membres de la direction du Fitheb, de journalistes et d’artistes. «Venus pour deux jours de spectacles grand public à Kandi», l’agent de sécurité publique n’en était pas convaincu quand il apposait sa signature dernière les ordres de mission. Pourtant, c’était l’événement du week-end dans cette ville du Nord-Bénin. Un événement dont l’organisation dans cette ville est une première d’après les différents témoignages. «Personne ne nous aide pour dire ‘’faites la promotion des danses de chez vous’’», avoue Issiaka Ganga Adam, maître percussionniste-danseur, responsable du groupe Déma. Pour nous convaincre de la véracité de ses affirmations, Dramane Seïdou évoque la sortie massive du public composé d’enfants, de jeunes et d’adultes femmes comme hommes qui viennent et restent mobilisés jusqu’à la dernière seconde de chaque soirée de spectacles. Et ce, au-delà de 00heure. «Vous n’avez pas vu comment le public est sorti ?» nous interroge-t-il avant de réaffirmer : «Il n’y a pas ces spectacles ici. Qui va organiser ça ?». «C’est une opportunité pour nos vieux pères de montrer comment la tradition se fait à Kandi. Cela a permis à nos parents de montrer la culture de chez nous.» se réjouit l’étudiant, l’ air très heureux de voir toute la ville en fête autour de leur patrimoine culturel. «Fitheb migratoire ici, c’est un acte culturel que nous saluons» renchérit l’entrepreneur Baouvoir Dah-Sohou à la suite de 3 heures de plaisir culturel en compagnie de sa copine ce samedi soir.

Contre le mariage forcé et précoce

                      Non Kanéra sensibilise contre le mariage forcé
Le Fitheb migratoire à Kandi a démarré par une opération de charme aux environs de 21h le vendredi dans le marché de Kandi avec à la conduite le comédien Gérard Hounon alias Baba et le directeur du Fitheb Erick-Hector Hounkpè. Baba étant une vedette bien connue aussi dans le septentrion, il fut un appât pour amener ceux qui peut-être n’étaient pas au courant de l’ouverture imminente de la fête à la maison des jeunes, à quelques mètres du marché. Le menu en salle dans cette maison publique pour la première soirée, a été fait de danses et de sketchs. Le côté danse a été assuré par deux groupes locaux. D’abord le groupe Ando Bunudéri des femmes qui dansent ‘’So’’. Dans ce tableau du Nord-Bénin, c’est surtout une femme qui se met en vedette et danse beaucoup plus avec les fesses soumises à une vitesse de vibration qui surprend. En moins de 5 minutes, cette équipe de femmes est arrivée à élever le spectacle à un niveau difficile aux autres formations d’entretenir. Pourtant, ces dernières ont pu assurer.
L’une d’elles, c’est le groupe Déma composé de cinq sections de danse à savoir «Peulhs», «Têkê», «Danse de feu», «Gogoré (danse du vodoun)» et «Akalancé». Mais ce soir, c’est avec les ‘’petits peulhs’’ qu’ils ont émerveillé. Ce sont 5 petits garçons de 7 à 9 ans vêtus de boubou bleu avec chacun un bâton de pasteur en main, un chapeau sur la tête et des lunettes noirs pour certains. Avec leurs ‘’petits et chétifs’’ pieds, ils dansent vraiment peulhs. «Là, ce n’est pas de la danse falsifiée comme ce que vous regardez à Cotonou. Ces petits exécutent le vrai, l’original» témoigne notre ‘’traducteur et guide’’ de circonstance qui nous a permis de comprendre les dialogues il y a quelques minutes, entre les comédiens du groupe Non Kanéra dans un sketch qui sensibilise contre le mariage précoce et le mariage forcé,  et encourage pour la scolarisation et surtout le maintien des filles à l’école. Le message est bien compris, à en croire Baouvoir Dah-Sohou. «…On est au 21ème siècle. Nous devons abandonner tout ce qui est négatif dans nos traditions. Ce n’est pas renoncer à nos valeurs traditionnelles mais nous devons quand-même ouvrir les yeux…» a-t-il retenu.

Hors salle pour éduquer la jeunesse

                                    Théâtre Wassangari éduque
Pour la soirée du samedi, le spectacle a été déplacé sur la cour vu l’expérience de salle pleine la veille. Ici, après la danse de feu avec le groupe Zodo, le Théâtre Wassangari s’est installé dans un décor tout naturel avec des contes. Luc Kounouho, Guy Kponhento et Hervé Wégbomè racontent. Leurs contes volent, roulent et atterrissent chez eux. Dans un spectacle intitulé «contes de chez nous», ils racontent l’histoire des gardiens du temple de la mort et du temple de la vie ; du vieux Gbèmègnon dans sa course vers la richesse; du bûcheron et sa femme ; du roi Agbonon dans le royaume de Bénou. Au-delà du plaisir à les voir et les entendre conter et chanter, ce spectacle avait toute sa raison d’être diffusé en ces temps de vacance. Surtout, dans un contexte, comme celui actuel dans le pays, où la morale a déserté le forum dans les écoles puisque ces dernières ont échoué dans l’éducation des enfants. Ce spectacle est en effet plein de leçons de vie. Il enseigne la sagesse et la patience ; sensibilise contre la convoitise ; ... que résument les intermèdes de chants traditionnels tirés du répertoire des artistes philosophes béninois comme Dossou Lètriki. Après cette dose de valeurs morales et éthiques, les vieux du groupe Haraka ont pris la scène pour clôturer en beauté avec du Sinsinnou, ces deux jours de réjouissances à Kandi autour du Fitheb Migratoire.

Blaise Ahouansè

Bénin Golden Awards et le Festival Sica font peaux neuves



Les trophées Bénin Golden Awards (Bga) et le Festival Sica sont aussi à l’ère de la rupture. Pour l’édition 2016, la Golden international promotion (Gip) a opéré au niveau de chacun d’eux, des réformes. Lesquelles ont été présentées par le comité d’organisation jeudi 28 juillet 2016 à l’hôtel Bénin Royal de Cotonou.
En 2ème position (droite), Alli Wassi Sissy, promoteur des Bga-Sica
«Nous sommes allés très fort dans le toilettage ; nous sommes en train de changer carrément le visage de ces événements» confie le promoteur des Bga et Sica, Alli Wassi Sissy. C’est dans le but non seulement de la pérennisation mais surtout pour renforcer la stimulation de la qualité dans les créations et la promotion de la culture béninoise et africaine sur toute sa forme.
Au niveau des Bga, il y a eu une rupture dans le processus de choix des lauréats. Désormais, il y a une équipe commise pour détecter et sélectionner les meilleurs dans chaque domaine et les nominer. «Nous avons compris que ceux-là qui devraient recevoir ces prix ne postulent pas parfois quand nous lançons les appels à candidature», explique le promoteur. Mais avec la nouvelle formule, le palmarès de chaque édition reflètera vraiment le visage de la culture béninoise, à l’en croire. Toutefois, il est à noter que les appels à candidature ne sont pas supprimés. Pour la présente édition des Bga, la 15ème, ils sont ouverts depuis 28 juillet au siège des Bga à Cotonou, au niveau des Directions départementales du ministère de la Culture et de celles du Bubedra. Et ce, jusqu’au samedi 20 Août 2016 à 12 heures. En compétition, 10 trophées à savoir : «Meilleur album de musique moderne», «Meilleur album de musique traditionnelle», «Meilleur album de musique moderne d’inspiration traditionnelle», «Meilleur album musique hip-hop, rapp, gospels, R&B, slam, raga, reggae», «Meilleur clip vidéo», «Meilleur présentateur live», «Prix média presse (réflexion culturelle)», «Prix de l’artiste béninois le plus joué en discothèque», «Prix meilleur art plastique (peinture)», «Prix arts dramatiques/meilleur(e) comédien(ne)». A noter qu’à tout ceci, s’ajoute aussi un pris spécial Amacab qui sera offert par l’Association des managers actifs du Bénin. Tous ces prix seront remis lors d’une soirée de gala le samedi 03 septembre 2016 à Bénin Royal Hôtel.

Les stars de la musique africaine à Cotonou

Au-delà des trophées et présents, le lauréat «Meilleur musique moderne d’inspiration traditionnelle » et le «meilleur présentateur live» des Bga seront les porte-flambeaux du Bénin à la 11ème édition du Festival Stars de l’intégration culturelle africaine (Sica). Sous le thème «L’impact éducatif de l’artiste au sein de la société», elle réunira du 15 au 18 septembre 2016 à la Place du Souvenir à Cotonou non seulement des artistes mais aussi des promoteurs de festival, des Ministres de la Culture et autres personnalités du monde des arts et de la culture de plusieurs pays. Une vingtaine de pays d’Afrique se sont déjà annoncés pour disputer des prix Sica dans les catégories «Musique moderne d’inspiration traditionnelle», «Présentateur live», «Clip vidéo», «Public», «Grand Prix S.i.c.a», «Prix de l’Intégration culturelle africaine» et autres à la soirée du samedi 17 septembre 2016. Mais avant il y aurait déjà deux jours d’animations musicales, de jeux et de formations. Dans l’agenda Sica 2016, il y a une soirée dite «soirée couleurs locales» pour monter aux festivaliers d’ailleurs la vitrine de la musique béninoise. Ce sera une soirée dédiée à la musique qui tire sa source dans le patrimoine rythmique traditionnelle du Bénin. «Nous sommes très riches au Bénin» vante Alli Wassi Sissy.
Blaise Ahouansè